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CLONE X

rappeurs franco-ivoiriens

Avec Kwakoo & Mooky, on s’est connu adolescents entre la rue Watt, les Frigos, l’ancien pont de Tolbiac, les terrains vagues du XIII avant l’excroissance des tours de la BNF, on a connu les tam-tam, les cabines téléphoniques, les 3310, les K7, les CD, Myspace et j’en passe.

Les jumeaux ont fondé Clone X en 2005, vingt ans déjà - ce qui ne nous rajeunit pas mais qu'importe, quand on aime, on a toujours 20 ans.

Nous nous sommes retrouvés place Jean-Michel Basquiat, encore inexistant lorsque nous étions plus jeunes... Si certaines choses changent, d'autres ne changent pas, comme la camaraderie qui nous lie depuis deux décennies.

Nous avons parlé de rap français, d'identité, d’âge, de Cesaria Evora et de Yamoussoukro.

Entre autres...

NB: Et quelques spéciales dédicaces (on vous épargne les “private joke”)

Lia : Vous avez fondé le duo Clone X en 2005, pourquoi avoir choisi ce nom ?

Mooky : Déjà, on est jumeaux et on voulait un nom futuriste, avant-gardiste.

Lia : Vous taguiez aussi ?

Kwakoo : Tout le monde taguait à cette époque, ça nous arrivait de poser Clone X.

Lia : On pouvait lire des blases improbables sur les murs… Choco, Icard, Acroz, Bip, Sonore, U.V, TPK,…

Mooky : Zut, Poulet, Syestar, Bus...

Lia : L'époque de 88.2, Radical et  Kourtrajmé, c'était tout un délire !

Kwakoo : À l'époque, on avait un compte sur Myspace, "les cénobites tranquilles" avec Simon Syestar.

Lia : "Laissez nos bites tranquille ?!" (rires)

Mooky : Non, les Cénobites ! (Rires) c’est le nom donné à des moines reclus.

Lia : Pourquoi avoir choisi ce nom ? Pour l’ambiguïté sonore ?

Kwakoo :  Pour rire ! Et puis on a découvert la ghetto teck, techno de Détroit, un peu booty (?) on aimait bien le morceau des 740 Boyz - Shimmy Shake (hyper vieux, ça date de 95), on avait le CD 2 titres :

Shake that curly, girly, high

Way up in the sky

Shake that curly, girly, high

Way up in the sky 

(rires)

C’était un peu ce qu’on voulait faire entre la techno, l’électro, avec une sonorité un peu booty. Faire du son, c’est surtout un prétexte pour faire la fête, y a pas vraiment de sujet. On trouvait des mots qui marquaient notre humeur et on se laissait porter par le flow. On a jamais vraiment eu d’intention, tout est assez spontané. En 2012, on avait fait le morceau Foutu Foutu, ça avait bien marché alors que c’est parti d’un délire.

Mooky : Après, j’ai commencé à mixer, pas mal au Social Club, au nouveau Casino, dernièrement je mixais à l’Embuscade, une rhumerie dans le 18e qui fait des Afters.

Kwakoo : C’est une rhumerie qui, anciennement, aurait été la salle de répétition de Cesaria Evora.

Lia : Incroyable, j’aime tellement la musique de Césaria Evora. J’ignorais qu’elle avait vécu à Paris.

Mooky : Oui, dans les années 80… C’est devenu un fumoir, un dancing, aujourd’hui, c’est un traquenard ! (Rires)

Lia : Ah oui, le lieu porte bien son nom ! Vous êtes d’origine Ivoirienne, quel est votre lien avec la Côte d’Ivoire ?

Kwakoo : On a perdu notre mère en 2016, depuis on y a retourne de plus en plus souvent après avoir voyagé un peu partout, maintenant, notre destination c’est surtout la côte d’ivoire.

Mooky : On y était pendant la CAN, la Coupe d’Afrique des Nations, d’ailleurs la Côte d’Ivoire avait gagné !

Kwakoo : On a eu la chance d’assister au match de la finale.

Lia : Vous allez surtout à Abidjan ?

Kwakoo : Oui et Yamoussoukro, la capitale, on aime beaucoup.

Mooky : On essaye de faire des choses là-bas, c’est stimulant. Y a tout un courant musical en Côte d’Ivoire.

Lia : Et pas mal de production de romans-photos !

Mooky : Tu as de la concurrence là bas ! (Rires) En vrai, ça te plairait bien. Y a plein de microcosmes, de petits clubs, tu rencontres facilement des personnes, ça peut aller vite.

Lia : Plus spontanément qu’à Paris ?

Mooky : À Paris, on rencontre aussi facilement des personnes.

Lia : Pour qui a grandit ici comme nous mais j’imagine que ce n’est pas aussi ouvert quand tu débarques sur le tard, enfin, c’est ce qui se dit.

Kwakoo : Oui, peut-être, mais depuis que j’ai dépassé la trentaine, je n’ai plus peur d’aller vers les autres.

Lia : On a carrément dépassé la trentaine (rires)

Kwakoo : On n’a pas d’âge !

Lia : C’est vrai !

Mooky : D’ailleurs, Clone X, c’est peut-être plus les mêmes qu’il y a quinze ans, c’est peut-être de nouveaux Clones.

Kwakoo : Les premiers Clones c’était peut-être nous ou peut-être que ceux d’aujourd’hui, c’est nous (rires)

Mooky : Ce qui est certain, c’est que clone X de 2005 ne sont pas les mêmes que ceux de 2016 et ceux de 2025 !

Lia : On est des êtres en mutation permanente,on évolue, on assume des contradictions, n’est-ce pas là une preuve de maturité ?

Kwakoo : Et sans vieillir pour autant ! (Rires)

Lia : Une question qui doit revenir sans cesse concernant le fait que vous soyez jumeaux et que vous travaillez ensemble sous le nom de Clone X, comment vivez-vous votre identité ?

Mooky : On partage une identité, on nous confond même parfois, on en joue. Parfois, des gens me disent « bonjour » et même si je ne sais pas qui ils sont, ça ne m’empêche pas de dire bonjour. Ils doivent connaitre mon frère.

Kwakoo : Notre mère nous disait « vous avez de la chance, vous n’êtes pas tout seul ».

Mooky : Franchement, on le vit bien, on a de la chance. En Côte d’Ivoire, les jumeaux sont sacrés.

Kwakoo : Ça porte bonheur de donner des choses aux jumeaux !

Lia : Grandir avec cette croyance, ça doit être fou. Vous attendez-vous a recevoir des offrandes ?

Kwakoo : Non, non ! (Rires) Rien n’est acquis, il faut travailler !

Mooky : D’ailleurs, en ce moment, on travaille sur notre musique, sur un clip, on travaille avec Dabaaz de Triptik qui nous fait la DA sur notre image pour prévoir des dates.

Kwakoo : On fignole encore les projets pour qu’ils soient complets au moment de leurs diffusions.

Lia : On assiste à un retour du rap des années 90 entre Oxmo, Mc Solaar, Triptik…

Mooky : On a fait un featuring avec Oxmo…

Lia : Il a une voix reconnaissable parmi 1000 ! Hâte de vous revoir sur scène.

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